The Hate U Give – La haine qu’on donne, Angie Thomas

The Hate U Give – La haine qu’on donne, Angie Thomas

– Avez-vous peur de la police depuis ce jour-là ? finit-elle par demander.

– Je ne sais pas. Je réponds honnêtement. Mon oncle est policier. Je sais qu’ils ne sont pas tous mauvais. Et ils risquent leur vie, vous savez ? J’ai toujours peur pour mon oncle. Mais j’en ai marre que la police parte du principe qu’on est tous des voyous. Surtout les noirs.

– Vous aimeriez voir davantage de policiers qui n’auraient pas d’idées préconçues sur les noirs ? Clarifie-t-elle.

– Oui tout ça, ça s’est passé parce qu’il -je n’arrive pas à dire son nom – est parti du principe qu’on faisait quelque chose de louche. Parce qu’on est noirs et à cause de l’endroit où on vit. On était juste deux jeunes qui ne faisait rien de mal. Ses préjugés ont tué Khalil. Ils auraient pu me tuer moi aussi.

Salut les amis, j’espère que vous allez bien ?

S’il y a bien un film que vous devez aller voir au cinéma, c’est bien The Hate U Give. Je vous dis cela, mais à ce jour, je ne l’ai toujours pas vu (cela fait une semaine qu’il est sorti) mais ayant lu le livre et vu les premiers avis du film, il est à priori tout aussi bien. Je ne vais pas tarder très longtemps avant d’aller le voir d’ailleurs.

Il s’agit du premier roman de Angie Thomas. Et quelle réussite. Il a fait un carton aux États-Unis mais également en France. La recette du succès ? Angie Thomas a mis en avant des personnes noires issu des ghettos américains. Elle s’est inspirée des récents événement qui ont frappé les américains : la violence des policier blancs envers des personnes noires sans défense. Ce qui a entrainé plusieurs jours de mobilisation et un ras-le-bol général venant de la communauté afro-américaine. Qui de mieux qu’Amandla Stenberg pour incarner le rôle de la protagoniste principale. Décidément elle enchaîne les films adaptés de roman young adult (Hunger games, Everything Everything, Darkets minds : Rébellion, The hate u give). Angie Thomas est une autrice à suivre de près. D’ailleurs son deuxième roman « On the come up » sort cette année aux États-Unis.

En France, le livre est sortie aux éditions Nathan au prix de 17,95€ et traduit par Nathalie Bru.

Source : Allociné

Alors qu’elle assistait à une soirée, Starr retrouve son ami d’enfance, Khalil, avec qui elle a grandi et dont elle avait plus de nouvelle. Alors que la soirée bat son plein, le bruit d’une détonation surgit et fait fuir les invités avant que la police ne débarque. Dans leur fuite, Khalil entraine Starr dans sa voiture et s’éloigne le plus loin possible de la soirée. Cette virée en voiture sera l’occasion pour ces deux-là de ressasser de vieux souvenir d’enfance. Seulement, la balade fut de courtes durées. Derrière eux, une voiture de police leur somme de s’arrêter puis les invités à sortir du véhicule sans aucune raison. Leur premier réflexe ? Mettre leur main en évidence. Pourquoi ? Car leurs parents leur ont toujours appris que quoi qu’il arrive, lorsqu’ils sont confrontés à la police, ils doivent lever leurs mains vers le haut afin de montrer qu’ils ne sont pas armés. Et pourtant… en quelque seconde Khalil, se fait tirer déçu devant les yeux impuissants de Starr.

Dès le Lendemain, l’annonce de la mort de Khalil va indigner la communauté afro-américaine. Le policer responsable de la mort de Khalil l’a tué sans vérifier s’il était armé au moment des faits. Vont donc s’opposer deux clans. Les défenseurs du policier, qui estiment qu’il a débarrassé de la ville d’un notoire dealeur et d’un caïd de plus. De l’autre côté, il y a la communauté afro-américaine et ses militants qui réclament justice pour Khalil.

Ce roman c’est la voix d’une jeune fille qui souhaite se faire entendre. Qui souhaite faire changer les choses, d’une jeunesse qui a hérité des paroles de Tupac : « Thug life », cette expression qui est largement utilise aujourd’hui hors de son contexte initial.

« Tupac disait que le nom de son groupe « Thug life », la vie de gangsta ça voulait dire « The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody », la haine qu’on donne aux bébés fout tout le monde en l’air »

Si j’ai adoré ce roman, c’est notamment parce que je me suis énormément reconnue en elle : Starr. Je ne vous parlerai pas de ce livre en détails comme j’ai pour habitude de le faire afin notamment de vous inciter à lire, mais je vais plutôt vous parler de mon expérience de lecture.

« – Oh, la vérité, nous on la connaît, assène papa. Nous, ce qu’on veut, c’est la justice »

Starr aurait pu être moi

Je lis depuis quelque temps maintenant. Et pourtant j’ai cette sensation que c’est la première fois que je m’identifie autant à un personnage. Je me vois en Starr, la protagoniste principale. En tant que lectrice, c’est une sensation que je n’ai pas souvent eu l’occasion d’expérimenter. Et non, autant vous dire que nos points en commun ne se limite pas seulement à notre couleur de peau. J’ai connu ce qu’elle a vécu, partager les mêmes doutes et incertitude. Ce sentiment de faire partie de deux univers totalement différents. Celui de la cité et celui de l’école.

Dans ce roman, Starr est partagé par deux mondes qui s’opposent. Cela implique pour elle qu’elle adopte un type de comportement en fonction des deux. Elle ne peut pas se comporter de la même façon dans sa cité et au lycée. Sa cité, son quartier, son ghetto est en endroit plutôt défavorisé où une majorité de la population est cosmopolite et dont l’activé principale des jeunes est le trafic de drogue et autres délits en tout genre. Elle passe plutôt inaperçue dans ce monde-là, même si on lui colle l’étiquette de la noire qui vie et qui se prend trop pour une blanche.

Dans un autre registre, Starr c’est également une adolescente qui fréquente un lycée élitiste où la seule source de diversité culturelle se limite à son frère et elle. Les seuls noirs du lycée. Difficile de se la jouer discrète. Et hors de question pour elle de montrer à ses camarades et son copain by the way, comment on se comporte lorsque l’on vient du ghetto.

C’est dans cette représentation de Starr que je me suis le plus reconnue en elle. J’ai moi aussi dû faire face à cette double personnalité. Entre le quartier où j’ai vécu jusque mes 13 ans et la petite ville où j’ai grandi, entre mes amis d’enfances et mes amis d’école, entre un milieu multiculturel et un milieu à majorité de blanc, il y avait une grosse différence.

« C’est drôle. Les esclavagistes eux aussi pensaient qu’ils faisaient la différence dans la vie des Noirs. Qu’ils les sauvaient de leurs « manières africaines ». Autre siècle, même logique. J’aimerais que les gens comme eux arrêtent de penser que les gens comme moi ont besoin d’être sauvés. »

Etonnée…

Je fus très surprise par l’impact qu’a eu ce roman. Et je ne vous parle pas de son succès amplement mérité, mais plutôt de l’ignorance de beaucoup sur le sujet. J’ai lu et vu pas mal de chroniques et d’articles faisant l’éloge du roman est pointant du doigt le fait qu’ils n’étaient pas familiers avec ce type d’histoire et ayant été très émus par les personnages de Starr et ses proches. J’ai moi-même était ému, mais pas plus que cela au final et je vais vous expliquer pourquoi.

Ça va vous sembler très très cliché et j’en suis désolé mais c’est la vérité, je suis noire et j’ai grandi dans les quartiers Nord de Marseille, considéré comme les quartiers les plus défavorisés et insécurisant de Marseille. Dieu merci je n’ai jamais vu quelqu’un se faire tuer devant mes yeux mais j’ai toujours gravité autour de cette atmosphère. Je n’ai rien appris de nouveau dans ce roman parce que j’ai toujours été confronté aux mêmes genres de situations que les personnages du roman. Que ce soit dans la vraie vie ou tout simplement parce que je m’intéresse énormément au cas des afro-américains. Les règles du ghetto je les connais, car j’ai vécu dans un milieu qui y ressemble fortement même si dieu merci à nouveau, la France est tout de même moins stigmatisante que les américains.

A la fin du roman ne vous attendez pas à celle que vous attendez et espérez tant, car elle ne peut pas être aussi réaliste qu’elle ne l’est déjà. Elle ne plait pas à tout le même. J’irais même jusqu’à dire qu’elle ne plait à personne, mais puisque ce roman s’inspire de réels faits divers, elle ne peut que se terminer de cette façon.

Angie Thomas

Que ce roman a eu autant de succès en France me fais énormément plaisir, car un large public a pu le lire et prendre conscience de ce que vie des millions d’afro-américains et par la même occasion de français également. Ils ont pris conscience ce qu’implique d’être noir au 21e siècle de subir le racisme et de voir comment la justice traite les cas de violences policières envers la communauté noire. J’ai délibérément fait en sorte de vous en dire le moins possible sur ce roman, mais plutôt de mon ressentit après lecture, car je souhaite que vous le découvriez en le lisant, ou en regardant son adaptation en film.

« J’ai compris tôt que les gens font des erreurs et que c’est à chacun de décider si ces erreurs sont plus importantes ou non que l’amour qu’on leur porte. »

Si vous avez aimé The Hate U Give, je vous recommande Sweet Sixteen de Annalise Heurtier.

Merci d’avoir lu cette chronique jusqu’au bout et à très bientôt sur le blog. N’hésitez pas à me rejoindre sur les réseaux sociaux et à vous abonner au blog pour ne rien manquer.

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