Le droit de tuer – John Grisham

Le droit de tuer – John Grisham

« Lorsqu’il poussa la porte, il entendit Gwen pleurer. A sa droite, dans le petit salon, il aperçut un groupe de gens qui se pressaient au-dessus d’une petite forme allongée sur le sofa. L’enfant était couverte de compresses et entourée de toute la famille en pleurs. Lorsqu’il s’approcha du canapé, les pleurs cessèrent et la foule s’écarta devant lui. Seule, Gwen resta à côté de la fillette. Elle caressait doucement ses cheveux. Carl Lee s’agenouilla à côté de sa fille et posa la main sur son épaule. Elle essaya de sourire. Son visage était tout ensanglanté, couvert d’ecchymoses et de plaies. Ses yeux enflés étaient fermés par deux arcades sanguinolentes. Des larmes montèrent aux yeux de Carl Lee lorsqu’il découvrit son petit corps enveloppé de serviettes et ensanglanté de la tête aux pieds. »

Salut les amis j’espère que vous allez bien ?

Aujourd’hui je m’adresse au fan de série policière et judiciaire. J’ai trouvé un livre qui devrait vous plaire et que vous connaissez peut-être déjà. Je m’adresse à vous, car sincèrement si vous n’aimez pas ce genre de lecture passez votre chemin. Ce n’est pas… mais alors pas du tout fait pour vous. Ce n’est d’ailleurs pas une lecture que je vous recommanderais pour débuter dans le policier. Il s’agit pourtant de mon premier roman de John Grisham et heureusement que j’aime les enquêtes judiciaires, car c’est l’essence même de ce roman.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, John Grisham est un auteur célèbre des États-Unis et ancien avocat. Parallèlement à son métier d’avocat, il s’essaie à l’écriture. « Non coupable », aujourd’hui sous le nom de « Le droit de tuer », est son premier roman publié en 1989. Personnellement, je suis tombée par hasard sur ce livre en bibliothèque. De l’auteur, « L’affaire Pélican » (1992) me faisait plus envie. Ces œuvres sont régulièrement adaptés au cinéma et lui confère le statut d’auteur mondialement connu.

« Le droit de tuer » de John Grisham , traduit par Dominic Defert, édition pocket, 696 pages, 8,60 €

Photo by mwangi gatheca on Unsplash

Quatrième de couverture

« À Clanton, dans le Mississippi, la petite Tonya Hailey est sauvagement violée et torturée. En plein tribunal, son père, Carl Lee, tue les deux accusés. Son sort semble scellé : la chambre à gaz. En effet, nous sommes dans le sud des États-Unis et Carl Lee est afro-américain… Mais Jake, un jeune avocat blanc, décide de le défendre. Le Ku Klux Klan fait front. Bientôt la haine embrase la petite ville de Clanton… »

Si je n’étais pas tombée sur ce livre pas hasard, je ne l’aurais certainement pas lu. Pourtant, il a tout ce qui me plait. La condition des afro-américains aux États-Unis, dans un pays anciennement ségrégationniste. Figurez-vous que dans ce roman, on est en plein là-dedans.

Tout se passe très vite au début du roman. Après le viol de la jeune Tonya Hailey, les deux jeunes hommes qui l’ont agressé sont très vite retrouvés et arrêtés. Je me suis donc demandée sur quoi aller bien pouvoir parler ce roman. Qu’est ce qui allait m’attendre dans le reste du roman ?

Durant le début de ma lecture, je me suis demandée à plusieurs reprises : si ça avait été ma fille, que serais-je prête à faire pour sauver sans honneur. Je trouve ça cruel de nous faire penser à ce genre de choses. Pourtant, je n’ai pas pu m’en empêcher.

Pour son père Carl Lee Hailey, la question ne se pose même pas : se venger et tuer les deux hommes qui ont violé sa fille. Forcément, lorsque le roman a pris cette tournure, je savais d’avance que je ne serai pas dans le même état d’esprit que lui et que je ne cautionnerais pas ses agissements. Pourtant, l’intérêt de ce roman est d’innocenter le père de famille du crime qu’il a commis. Donc au final, on sait qu’il a tué deux personnes mais son avocat va tout faire pour l’innocenter. Comment diable va-il s’y prendre ? Surtout que Carl Lee a tué les deux hommes à la vue de tous, dans un tribunal bondé de témoins potentiels.

Je me suis donc sentie très confuse. D’un côté, une partie de moi comprenais pourquoi il a agi ainsi et me disais qu’il était légitime à vouloir se venger. D’un autre côté, une autre partie de moi me disait qu’il avait tout de même tué deux personnes et qu’il devait en subir les conséquences. Il devrait donc forcément plaider coupable. Et pourtant…. Le problème étant que Carl Lee est un homme noir qui a tué deux hommes blancs peu importe ce qu’ils ont pu commettre.

L’auteur nous pousse donc à nous demander si les deux hommes méritaient de mourir pour avoir sauvagement violé et agressé une enfant. Devons-nous, nous réjouir de cette situation. On ce qui me concerne, étant une femme noire, je suis arrivée à me demander si je devais forcément me positionner en faveur de Carl Lee Hailey. Je me suis pas mal identifiée à la communauté afro-américaine mais pour autant je ne partageais pas forcément leurs idéaux en ce qui concerne cette affaire. Sans surprise deux clans se sont opposés : celui des suprématistes blancs et celui de la communauté afro-américaine. Pour le Ku Klux Klan ça a surtout été l’occasion de renaitre de leur cendre et de montrer au monde qu’ils sont toujours là et qu’ils n’ont pas abandonné leurs convictions.

Plus qu’un procès, l’histoire nous questionne sur la notion de justice et nous montre comment le fait d’être noir et plus incriminant que le fait de tuer une personne.

J’ai trouvé cette lecture vraiment passionnante et divertissante notamment parce qu’on a vraiment l’impression d’être des spectateurs du procès et d’attendre avec impatience au même titre que nos protagoniste la décision des juges. C’est une lecture très riche mais surtout très longue. Alors, si vous n’aimez pas les romans policiers qui s’intéressent plutôt à la partie juridique vous risquez d’être perdu. Dans le cas contraire, vous passerez un super bon moment.

Merci d’avoir lu cette chronique jusqu’au bout et à très bientôt sur le blog. N’hésitez pas à me rejoindre sur les réseaux sociaux et à vous abonner au blog pour ne rien manquer. 

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