La Dernière nuit du Raïs – Yasmina Khadra

La Dernière nuit du Raïs – Yasmina Khadra


« Je n’ai pas pardonné l’affront. En 1972, trois ans après mon intronisation à la tête du pays, j’ai cherché Faten. Elle était mariée à un homme d’affaire et mère de deux enfants. Mes gardes me l’ont ramenée un matin. En larmes, je l’ai séquestrée durant trois semaines, abusant d’elle à ma convenance. Son mari fut arrêté pour une prétendue histoire de transfert illicite de capitaux. Quant à son père, il sortit un soir se promener et ne rentra jamais chez lui. »

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Salut les amis, j’espère que vous allez bien ?

Je vous présente aujourd’hui le livre le plus dérangeant qui met était donné de lire jusqu’à présent. Ou comment un auteur s’est glissé dans la peau d’un tyran mégalomane jusqu’à ses dernières heures.


Il s’agit d’un roman écrit par Yasmina Khadra et publié en 2015. Il relate la dernière nuit de Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011 pour être exacte. La nuit où il a dû fuir sa demeure avec sa garde rapprochée. L’histoire raconté s’inspire réellement de ce qu’a vécu Kadhafi durant ses derniers instants. L’auteur s’est simplement plongé dans la tête du personnage et imaginé ces dernières pensées cette nuit-là, à travers des souvenirs de son passé mais également de son ressenti face à son peuple qui le traque.

Il faut que vous vous rappeliez d’une chose avant !

Kadhafi et ses « amazones » en 2008 en Ukraine.REUTERS/Gleb Garanich

Il y a quelque année de cela, Mouammar Kadhafi, dirigeant de la Libye, fut destitué de son règne après un coup d’état mené par la révolte du peuple libyen inspiré à l’époque de la rébellion tunisienne contre l’état islamique dirigé par Ben Ali. Pour la première fois, les libyens ont fait front contre l’armée libyenne et se sont emparés par la force, de la demeure de Kadhafi et ainsi a forcé le dirigeant et sa famille à fuir. (Résumé assez rapide et grossier).

Si Mouammar Kadhafi, ancien dictateur de Libye avait écrit ses derniers mémoires ça donnerait certainement cela. Voilà ce que je me suis dit lorsque j’ai fini ma lecture de ce roman, en ayant au passage, la nausée à cause de la fin. Et je pèse mes mots.

Lorsque nous commençons notre lecture, nous découvrons un Kadhafi en fuite, caché dans une école à l’abandon avec ses derniers hommes de main qui le considère encore comme « Le Guide », l’être des êtres, le grand souverain de la Libye. Nous allons nous plonger dans son esprit, ses pensées, son envie de renaitre comme le chef qu’il était autrefois. Si vous connaissez quelque peu le personnage, vous savez en effet, qu’il ne s’en est pas sorti vivant. Seulement même en sachant l’issu final j’étais loin d’être prête à prendre connaissance des derniers instants de sa vie, tant à mes yeux le personnage est mort de la pire des façons qu’il soit.

Ne vous méprenez pas, je ne vous spoile pas la fin de ce roman, car sa mort est connue de tous et l’essence du roman n’est pas de nous indiquer le pourquoi et le comment de sa mort, mais plutôt de pénétrer dans l’esprit de ce personnage et dans son intimité. De nous faire comprendre quel genre d’individu et dans quel état d’esprit il était, alors que son peuple s’est rebellé contre lui. Mêlant récit passé et présent nous découvrons à travers l’auteur ce qui se rapproche le plus des derniers instants de Mouammar Kadhafi.

« Je reconnais avoir été sans pitié avec mes dissidents. Comment agir autrement ? Le règne est une culture compatible avec un seul ingrédient : le sang. Sans le sang, le trône est un échafaud potentiel. Pour préserver le mien, j’empruntais au caméléon ses vertus : je marchais un œil devant, un œil derrière, le pas millimétré, la langue sentencieuse plus rapide que la fondre. Dès lors que je me fondais dans le décor, le décor devenait moi… »

Mon deuxième récit autour de cet homme

Ce n’est pas le premier roman que je lis sur Kadhafi et je dois dire qu’il complète parfaitement le premier livre que j’ai lu sur lui. Il s’agit de « Les proies, dans le harem de Kadhafi » écrit par Annick Cojean, journaliste Je l’ai lu il y a très longtemps et pourtant je me rappelle encore de l’histoire, qui m’avait tellement marqué. « La dernière nuit du Raïs » corrobore exactement ce qu’Annick Cojean, m’avait déjà appris sur les agissements secrets du dictateur. En gros, son roman nous raconte l’histoire d’une femme qui, alors qu’elle n’avait que 15 ans s’est faite repérer par Le dictateur lui-même, alors qu’il visitait son école. Cette jeune fille et par la suite devenue à son insu son esclave sexuelle et a rejoint son harem personnel. Et non, cette histoire n’est pas fictionnelle. Elle est tout ce qu’il y a de plus réel. En 2011, la journaliste a enquêté sur les secrets les plus honteux du dirigeant et a dévoilé au public l’hypocrisie dans lequel il était empêtré.

En ce qui concerne le roman de Yasmina Khadra, il nous dépend d’une façon assez crue la personnalité de Kadhafi. Il y emploie des propos assez difficiles à concevoir jusqu’à se demander comment un être comme lui a pu se retrouver à la tête d’un pays. On y découvre un personnage imbu de lui-même, mégalomane et mesquin, pensant que tout le monde était à ses pieds. D’après lui, son peuple, son armée, les plus grands dirigeants du monde, les femmes, tous l’idolâtraient. Jusqu’à ses derniers jours, il se crut au-dessus de tout le monde.

« Je ne tolère pas que l’on discute mes ordres, que l’on remette en question mon jugement, que l’on fasse la moue devant moi. Ce que je dis est parole d’Évangile, ce que je pense est présage. Qui ne m’écoute pas est sourd, qui doute de moi est damné. Ma colère est une thérapie pour celui la subit, mon silence est une ascèse pour celui qui le médite. »

Ça n’a pas été une lecture facile, surtout que je partais déjà dans l’idée que cet homme était un monstre après avoir lu « Les proies » d’Annick Cojean. Pourtant, même à mon pire ennemi, je ne lui souhaiterai pas de mourir de la même façon que lui et qui plus est, à la vue du monde entier. Je ne te remercie pas YouTube.

Je ne dirais pas que j’ai passé un bon moment de lecture, car j’y ai lu des choses immondes. Mais je ne peux pas nier les talents d’écriture de Yasmina Kadhra. Et j’ai beaucoup apprécié pouvoir le lire à nouveau et découvrir une autre facette de son talent. Même si Kadhafi n’est pas l’auteur de ses mémoires, on s’y méprendrait presque. Si vous êtes friand des belles écritures, cet auteur est fait pour vous.

Yasmina Khadra

« On ne célèbre pas le vent. Là où il se déclare, il ne fait que passer. Ce qu’il emporte importe peu, ce qu’il laisse derrière lui sera effacé par le temps. »

Si « Les derniers jours du Rais » vous intéresse, je vous recommande également « Les proies, dans le harem de Kadhafi » d’Annick Cojean.

Merci d’avoir lu cette chronique jusqu’au bout et à très bientôt sur le blog. N’hésitez pas à me rejoindre sur les réseaux sociaux et à vous abonner sur le blog pour ne rien manquer.

Des bisous, Effy Dreams

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