Juste avant le bonheur – Agnes Ledig

« Elle retourne vite dans sa bulle d’incertitude, un peu floue, un peu machinale. On devient fou quand on regarde en face ce genre de vérité. Il vaut mieux occulter ce qui est dur, ne pas y penser, mettre le quotidien au premier plan, vivre les choses sans penser aux conséquences, se nourrir des souvenirs pour ne pas subir le présent, et encore moins ce qui risque d’advenir. Julie prend les choses comme elles viennent, vit chaque instant, reprend doucement goût à la vie. Le désespoir et la tristesse n’ont jamais aidé personne à combattre les épreuves. »

 

De quoi ça parle ?

Ce roman raconte l’histoire de Julie 20 ans et de son fils Lulu de 3 ans qui vivent dans des conditions très modestes. Julie est caissière dans un supermarché et élève seul son fils. Un jour, un homme : Paul, qu’elle connaît à peine, va lui proposer de passer des vacances au bord de mer en Bretagne avec son fils Jérôme et lui. Bien que réticente au départ, elle finit par accepter la proposition de Paul, touché par sa gentillesse et sa bienveillance envers elle.  Cette virée en Bretagne sera l’occasion pour nos personnes de s’évader de leur quotidien, d’apprendre à se connaître et pourquoi pas, d’enfin apprécier leur vie. Pour Julie et Lulu se sera également la première fois qu’ils verront la mer.

“Il aime se dire qu’il part à l’aventure en Bretagne et n’a rien à envier aux plus grands aventuriers de la terre. Ce n’est pas de géographie dont il est question dans ce voyage. Plutôt des profondeurs humaines et de leur forêts impénétrables”

 

Une histoire plus touchante que je ne l’avais imaginée

Que dire de ce roman à part que ne m’attendais pas à être aussi touché par l’histoire. Je me suis attachée à tous les personnages aussi différents, soient-ils les uns des autres.

Julie, du fait de son vécu, est une jeune femme très mature pour son âge, franche et directe. Son fils lulu est tout simplement adorable. Bien qu’il soit conscient de la situation précaire de sa mère, cela n’a pas l’aire de le déranger le moins du monde. Contrairement à Julie, qui ne cesse de s’en vouloir de ne pas pouvoir offrir une meilleure situation à son fils.

Paul est un vieil homme riche divorcé qui est particulièrement…. Gentille ! C’est juste un homme qui a été touché par l’histoire de Julie et qui n’a pas hésité à l’aider alors qu’il ne la connaissait pas. Durant 30 ans, il n’a pas été heureux en amour et il se trimbalait le spectre de sa première femme dont il était éperdument amoureux.

Jérôme, son fils est un médecin aigri et rongé par un souvenir douloureux qui le hante chaque jour. On finit par comprendre une telle attitude de sa part au fil de l’histoire et on ne peut que s’attacher à lui également.

“– Pou’quoi tu es t’iste ?

– Parce que ma femme est morte.

– Pou’quoi elle est mo’te ?

– Euh, parce qu’elle était triste.

– Alo’s tu vas mou’i’ aussi ?

– Je… non, pas forcément !

– Alo’s pou’quoi tu sou’is jamais si tu vas pas mou’i’ ?

Jérôme regarde alors l’enfant et lui sourit. C’est parfois si simple, la vie.”

 

Nos personnages vont donc partir en vacances ensemble en Bretagne afin de se ressourcer, de sortir de leur quotidien mais plus particulièrement de se retrouver avec leur moi intérieur. Chacun à leur manière, va profiter de cette occasion pour y voir plus clair au plus profond d’eux même. Ce ne sera pas toujours évident car il y a certaines choses dont personne ne veut parler ou plutôt ne veut se rappeler. Cette cohabitation ne sera pas toujours facile mais peu à peu nos personnages vont apprendre à se connaitre et vont s’attacher les uns aux autres. Alors que tout se passait au mieux, que nos personnages eussent enfin l’impression de combattre leurs vieux démons, une chose effroyable s’est produite.

C’est à ce moment-là où tout prend son sens dans notre tête. que la force du roman  apparaît, que l’autrice nous fait réfléchir sur le sens de la vie. Oui oui à ce point-là. Elle bouleverse toutes nos certitudes, tout ce que l’on aurait pu attendre de la fin, par l’inattendue. Cette inattendue, dans la réalité, où on se dit que ça n’arrive qu’aux autres et qui pourtant te frappe sans crier gare. Cette inattendue où tu ne penses pas te relever un jour. Mais ici encore Agnès Ledig nous prouve le contraire. Rien dans ce monde n’est infranchissable pas même la douleur d’avoir subi un évènement aussi tragique.

 

Une autrice coup de cœur ?

J’ai adoré la plume d’Agnès Ludig qui est tellement poétique. Elle a des discours absolument magnifiques et pleins de sens. J’ai été touché par son histoire, car elle a une façon d’écrire qui ne m’a pas laissé indifférente. C‘est simple, je buvais ses paroles et j’avais l’impression que tout ce qu’elle disait pouvait s’appliquer à mon cas. Je pense que c’est aussi pour cela que pour moi ce roman n’est pas qu’une simple histoire fictionnelle mais également une ode à la vie.

Ce que je m’apprête à vous dire vous semblera un peu cliché, mais c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit une fois ma lecture terminée. Il faut savoir apprécier chaque moment de sa vie, même les plus banals. Parfois les plus petites choses de la vie comme sortir avec ses amis, profiter des moments présents avec sa famille, lire un bouquin… suffisent à nous rendre heureux. Il suffit de le vouloir et de se donner les moyens d’être heureux. Parfois tous ne se passent pas comme on le voudrait. De la même façon que nos personnages ont fait face à un événement tragique, on est tous capable de se relever, de retrouver notre joie de vivre et de donner un sens à notre vie.

Vous l’avez deviné, j’ai beaucoup aimé cette histoire et je vous recommande ce roman sans hésiter. J’ai hâte d’en découvrir davantage sur Agnès Ledig, d’ailleurs si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part.

Agnès Ledig

“Le bonheur va vers ceux qui savent rire.”

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