D’abord, ils ont effacé notre nom – HABIBURAHMAN avec Sophie Ansel

D’abord, ils ont effacé notre nom – HABIBURAHMAN avec Sophie Ansel

PHOTO K. M. ASAD, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Ils ont fait l’actualité l’année dernière ? Beaucoup d’entre nous ignorions qui ils étaient jusqu’alors. Mais que savons-nous vraiment d’eux. Pourquoi ne prenons-nous consciences de ce peuple que maintenant ? Un natif Rohingya nous en parle. Son nom ? Habiburahman, il a fui la Birmanie alors qu’il n’était qu’un adolescent désirant faire de grande étude. Aujourd’hui Habib, comme, il s’appelait autrefois, vit en Australie en attendant d’avoir des papiers.

Salut les amis j’espère que vous allez bien ?

J’ai écrit cette chronique il y a quelque temps mais, je ne l’avais jamais posté. Le sujet fait beaucoup moins l’actualité aujourd’hui mais une petite piqure de rappel de nous ne fera pas de mal.

En théorie, si vous suivez quelque peu l’actualité, vous avez dû entendre parler pour la première fois du peuple Rohingya qui fuit la Birmanie depuis des années. Alors que j’essayais de prendre un peu de recul avec les médias, j’ai été stupéfaite par ce que j’apprenais à propos des Rohingyas. C’est alors que paru le 1er mars « D’abord, ils ont effacé notre nom »,que j’ai découvert grâce à la page Facebook du collectif Hamep Marseille (je vous en parle plus bas).  J’ai sauté sur l’occasion pour en savoir plus sur ce peuple méconnu mais pourtant si meurtri.


«Il s’agit du témoignage d’un Rohingya, Habiburahman, écrit par Sophie Ansel, une journaliste, auteur et réalisatrice. C’est en voyageant en Asie, qu’elle fit la rencontre pour la première fois en Malaysie de Habiburahman. Lorsqu’ils se sont retrouvés en Australie, il était évidant pour elle qu’il raconte son histoire et qu’elle diffuse sa parole.

Vous trouverez ce roman au prix de 19,90€ aux éditions de la Martinière (235 pages).

Nous allons par le biais de ce roman retracé le parcours de Habib de ses trois ans à l’âge adulte et notamment du calvaire qu’il a enduré durant toutes ses années : l’humiliation, la torture, l’esclavage et j’en passe. Vous saurez tout ! Habib n’est pourtant pas un cas isolé. Ils sont des milliers à subir encore aujourd’hui une ségrégation méconnue du monde.

Dès les premières lignes, j’ai pris conscience que cette lecture n’allait pas être facile à lire car le début du roman commence fort en nous expliquant comment du jour au lendemain les Rohingyas sont devenus des étrangers dans leur propre pays et comment un homme a fait basculer leur vie à jamais.

« J’ai trois ans et déjà, je dois m’effacer aux yeux de mes concitoyens birmans. Je deviens un Bengali, l’étranger de mes voisins, un de ceux qui se reproduise aussi vite que des lapins, et menace d’envahir le pays. »

Lorsque nous faisons la rencontre de Habib, il n’est qu’un enfant insouciant, mais qui comprend très vite qu’il n’est pas comme les autres enfants de son âge. Enfin…  C’est ce qu’eux disent. Pour la petite info, en Birmanie il y a plus d’une centaine d’ethnies différentes et celle de Habib, qui est de surcroit de confession musulmane, n’est plus considéré comme une ethnie officielle depuis que le général Ne Win, bouddhiste, pris le pouvoir. 90% de la population est Bouddhiste, 5% est chrétienne, 4% hindouiste et seulement 1% de la population birmane musulmane.

Ce roman est poignant et déchirant. Il ne m’a pas laissé indifférente et m’a fait prendre conscience de pas mal de choses. Il est bon parfois de se rappeler ce qui se passe à l’extérieur de nos frontières, de se rendre compte de la détresse de ce peuple. Face à ce que j’ai lu je me suis sentie impuissante au possible. Que pouvons-nous faire pour les aider, se rendre utile, tout simplement pour faire quelque chose. J’ai été stupéfaite de constater que ce qui est décrit dans ce roman ressemble à s’y méprendre à ce que l’on pourrait lire sur la Shoah. Et pourtant, personne n’en parle. C’est simple vous enlevez les mots Rohingya et Birmanie et vous les remplacez par Juif et Allemagne et vous serez stupéfait.

Ma rencontre avec Sophie Ansel

Babelio

À l’occasion de la sortie de son livre, J’ai pu rencontrer l’autrice de ce roman, qui vit actuellement en Australie. Si j’ai pu la rencontrer et discuter avec elle s’est notamment grâce au collectif HAMEB (Halte au Massacre en Birmanie) de Marseille. Il s’agit d’une association à but non lucrative crée en 2017 à Paris et présente à Marseille depuis cette année 2018.  Ils sont les premiers à dénoncer les crimes à l’encontre des Rohingyas en France. Au programme une séance dédicace à la librairie Lumière d’Août (les docks Marseille), puis dans la soirée un café littéraire autour du livre.

Malheureusement, Habib, qui souhaitait venir jusqu’en France pour nous parler de sa situation n’a pu faire le voyage étant donné qu’il ne vit pas sur le territoire australien légalement et ne bénéficie donc pas du droit de se déplacer librement.

Ce fut une journée, enrichissante et passionnante. Je remercie le Collectif HAMEB de m’avoir permis d’en apprendre plus sur la condition de vie des Rohingyas en Birmanie. Depuis je ne cesse de me demander « que devient Habib aujourd’hui ? Je sais que le fait d’avoir eu l’occasion de parler de son vécu lui a donné le gout du militantisme. Il se bat aujourd’hui pour les droits des Rohingyas.

Me sentant impuissante, j’ai tout de même le pouvoir de diffuser sa parole à mes lecteurs. Je vous recommande sincèrement de lire ce livre. Je vous mentirais en vous disais que vous n’en sortirez pas indemne mais c’est un mal pour un bien.

Je vous invite également à jeter un coup d’œil à la page Facebook du collectif HAMEB : https://fr-fr.facebook.com/CollectifHamebMARSEILLE/ et sur leur site officiel : https://www.collectif-hameb.fr/

Merci d’avoir lu cette chronique jusqu’au bout et à très bientôt sur le blog. N’hésitez pas à me rejoindre sur les réseaux sociaux et à vous abonner sur le blog pour ne rien manquer. Des bisous, Effy Drems

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