Chanson douce – Leila Slimani

« Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert. On l’a couché dans une housse grise et on a fait glisser la fermeture éclair sur le corps désarticulé qui flottait au milieu des jouets. La petite, elle, était encore vivante quand les secours sont arrivés. Elle s’est battue comme un fauve. On a retrouvé des traces de lutte, des morceaux de peau sous ses ongles mous. Dans l’ambulance qui la transportait à l’hôpital, elle était agitée, secouée de convulsions. Les yeux exorbités, elle semblait chercher de l’air. Sa gorge s’était emplie de sang. Ses poumons étaient perforés et sa tête avait violemment heurté la commode bleue ».

Salut les amis, j’espère que vous allez bien ?

« Chanson douce », quel joli titre n’est-ce pas ? Il y a un aspect poétique et songeur où l’on s’imagine une belle histoire qui nous emportera telle une chanson douce, mais l’autrice nous a bien eu.

 

Une lecture intrigante et unique

Avant de commencer ma lecture, je ne me rappelais plus du résumé que j’avais déjà lu lorsque j’avais choisi ce livre.  J’hésite à le relire, mais fidèle à moi-même je me plonge dans l’histoire avec pour seule information le titre et le fait de savoir que ce roman a reçu le prix Goncourt 2016. Cela me suffit, pas besoin d’en savoir plus.

Je commence donc ma lecture. Dès la première phrase, c’est le drame. À la fin du premier chapitre, on comprend qu’une chose horrible vient de se produire. Je reste bouche baie.

Je réalise alors que le titre m’a trompé, il ne s’agira pas ici d’une belle histoire, poétique et qui se termina bien. Je comprends alors que la fin nous la connaissons déjà et qu’elle se terminera tragiquement. Je prends alors conscience que la suite du roman tentera de nous expliquer comment une chose aussi horrible a pu se produire.

Je m’arrête quelques secondes et je me dis intérieurement « wow ! ce livre, j’en suis sûr, ne me laisserai pas indifférente. »

C’est avec hâte que je me plonge dans le reste de l’histoire. Les pages défilent et l’incompréhension se fait de plus en plus ressentir. Rien ! pour le moment, absolument rien ne laisse présager une telle fin, bien au contraire.  Alors, je continue sans m’arrêter et petit à petit les taux se resserrent. Je commence à comprendre, mais j’ai toujours du mal à cerner notre personnage principal : Louise, La nounou.

Cela fait des heures que je lis, la nuit tombe et puis la fin arrive. Je referme le bouquin sans dire un mot, le regard vide, je me remets de cette histoire.

 

De quoi ça parle ?

Après avoir eu son concours du Barreau pour être avocate, Myriam va faire une pause sur sa carrière pour s’occuper de ses enfants. Quelques années plus tard, le poids de la société va redonner l’envie à Myriam d’être actif et de travailler comme avocate. Le problème est que son mari et elle, ne se sont jamais séparés de leurs jeunes enfants Mila 2 ans et Adam âgé seulement de quelques mois. Ils vont donc faire un choix qu’ils ont toujours voulu éviter, engager une nounou. Après des entretiens exigeants, une candidate sort du lot : Louise.  Nounou, c’est son métier depuis qu’elle est jeune, elle va très vite devenir incontournable pour la famille. Le couple ventera ses mérites à mainte et mainte reprise, la qualifiant de nounou parfaite à leurs amis. En plus de s’occuper des enfants, elle cuisine merveilleusement bien et elle s’occupe des tâches ménagères. Elle sera plus qu’une simple nounou pour nos personnages, elle fera désormais partie de la famille.

“La nounou est comme ces silhouettes qui, au théâtre, déplacent dans le noir le décor sur la scène. Elles soulèvent un divan, poussent d‘une main une colonne en carton, un pan de mur. Louise s’agite en coulisses, discrète et puissante. C’est elle qui tient les fils transparents sans lesquels la magie ne peut pas advenir. Elle est Vishnou, divinité nourricière, jalouse et protectrice. Elle est la louve à la mamelle de qui ils viennent boire, la source infaillible de leur bonheur familiale.”

Leila Slimani à une plume assez particulière, je trouve. Au vu du début du roman, je m’attendais à être au bord des larmes tout le long de l’histoire. Ce n’est pas compliqué pour moi étant donné que j’ai la larme facile. Et, pourtant, aucune émotion ne se dégage de nos personnes. Impossible de s’attacher à eux, autant le couple que la nounou, ni même les enfants. C’est assez déroutant, je dois dire.  C’est certainement volontaire de la part de l’auteur, elle ne se positionne sur aucun personnage et elle reste neutre du début à la fin.

Cela ne nous facilite pas la tâche, car on peine à comprendre Louise, cette femme qui a l’air si parfaite mais si mystérieuse à la fois. Elle adopte parfois un comportement pour le moins étrange, qui ne correspond pas à la nounou dévouée qu’elle est. Ce personnage m’a beaucoup marqué.

Une chose que j’ai beaucoup appréciée dans ce roman est la façon dont l’auteur dénonce subtilement dans son récit les préjugés auquel nous faisant face dans notre quotidien. Particulièrement, ces femmes étrangères, sans papier qui se retrouvent à faire les nounous pour des familles aisées.

Je pense que c’est un livre qui vaut la peine d’être lu car un roman écrit comme celui-là, on n’en rencontrera pas deux

“Le destin est vicieux comme un reptile, il s’arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe.”

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