Appelle-moi par ton nom – André Aciman

Appelle-moi par ton nom – André Aciman

« Il me semble que je peux encore entendre, après tant d’années, la voix de deux jeunes hommes chantant ces mots en napolitain au point du jour, sans songer, tandis qu’il se tiennent enlacés et s’embrassent encore et encore dans les sombres ruelles de la vielle cité, que ce sera une des toutes dernières fois qu’il feront l’amour.

Salut les amis, j’espère que vous allez bien ?

Aujourd’hui sur le blog je vous présente mon dernier coup de cœur. Et je dois avouer que je suis encore surprise puisqu’il s’agit d’une romance et que si vous ne le savez pas encore, je ne suis pas du tout fane de ce genre de lecture. Cela m’a rappelé qu’il est parfois bon de diversifier ses lectures, en particulier pour les genres dont lesquels nous sommes le moins familier. Qui c’est ? On pourrait très bien être surpris par une lecture à laquelle on n’attendait absolument rien. Ce fut mon cas. A vrai dire, pour cette lecture, je connaissais déjà l’histoire donc je savais déjà que je l’aimerais beaucoup, mais de là à ce que ce soit un coup de cœur… je n’avais rien vu venir.

André Aciman – Photo via: nyblueprint.com

Appelle-moi par ton nom (autrefois « Plus tard que jamais ») est le premier livre d’André Aciman, un écrivain américain d’origine italo-turque et publié pour la première fois en 2007. Il a reçu le prix Lambda Literary la même année, qui récompense des œuvres LBGT depuis 1988. Il a eu droit à son adaptation en 2017 réalisé par Luca Guadagigno avec dans les rôles d’Elio : Timothé Chalamet et d’Oliver : Armie Hammer. Ce film a d’ailleurs permis à James Ivory de remporter l’oscar du meilleur scénario adapté. Suite à la sortie du film, le livre fut réédité par les éditions Grasset sous le nom de « Appelle moi par ton nom ».

« Call me by your name and I’ll call you by mine ».

« Appelle-moi par ton nom et je t’appellerai par le mien »

Un été, à la fin des années 80, Elio alors âgé de 17 ans a fait la rencontre d’Oliver, un jeune professeur d’université de New-York, de 7 ans son ainé. Il a été invité par ses parents dans leur maison de compagne en Italie. Chaque été, en effet, les parents d’Elio accueil des universitaires pour assister son père. Cette année fut particulière pour Elio car il en a appris plus sur lui-même que ce qu’il aurait pu imaginer avant l’arrivée d’Oliver. Cet homme qui avait conquis tout le monde par son intelligence et son charisme et en particulier Elio. Secrètement, au fil du temps, il va succomber au charme d’Oliver. Mais leur relation ne se fit pas sans embuche. Durant cet été, autour de la piscine, du terrain de tennis, des ballades à vélo, ils vont s’agacer, s’ignorer, se découvrir parfois même douter d’eux, mais vont finalement tomber éperdument amoureux l’un l’autre et se laisser aller à leurs désirs et pulsions jusque la fin de l’été marqué par le départ d’Oliver pour New-York.

Appelle-moi par ton nom c’est une histoire d’amour, de grand amour et de découverte de soi. C’est une histoire où des années plus tard, Elio et Oliver se remémore les plus beaux moments de cet été et de leur amour. Pas seulement une amourette d’été auquel au fil du temps ont fini par oublier, mais un amour sincère que même les années qui défilent ne permettent d’oublier. Elio lui-même a fragmenté sa vie en deux. L’avant Oliver et l’après.

« S’il savait, si seulement il savait que je lui donnais toutes les chances de résoudre l’équation et de trouver un nombre plus grand que l’infini… »

Qui aurait cru qu’un film me donnerait autant envie de lire un livre. Et pourtant, pour la première fois ce fut le cas. Pour la petite anecdote, lorsque j’ai découvert « Call me by your name »  par le biais de sa bande annonce j’étais déjà conquise. Conquise par les personnages incarnés par deux acteurs que je ne connaissais pas encore Timothé Chalamet et Armie Hammer (que j’avais déjà entrevu mais où je l’ignorais), par l’alchimie qu’ils incarnaient, par l’ambiance chaleureuse de l’Italie, mais plus que tout, j’ai été charmé par la bande-son. « Mystery of love » de SUFJAN Stevens. Je l’écoute d’ailleurs en ce moment même pendant que je vous écris et je n’ai pas cessé de l’écouter pendant ma lecture.

A peine avais-je fini de regarder le film, que je m’intéressais déjà à son œuvre originale. J’ai été émue plus que ce que je ne l’avais imaginé, par cette romance. Pour la lecture j’avais donc quelques attentes. Je m’attendais à quelque chose à la fois similaire mais différent du film. Au final mes attentes ont été exaucé. Le roman m’a apporté ce que le film n’avait pu faire : les pensées intime d’Elio.

Sachez-le, le film est magnifique à regarder notamment car il joue énormément sur le visuel et sur l’émotion qui s’en dégage. Le scénario n’a pas été récompensé pour rien s’est amplement mérité. Le parti pris pour un tel scénario est qu’il y a très peu de dialogue entre les protagonistes. Les non-dits en eux-mêmes en disent déjà énormément : leurs regards, leurs gestuelles, leurs alchimies sont aussi transcendantes que les mots. Toutefois, lorsque j’ai fini de regarder le film, je ressentais un manque mais également cette envie d’en savoir plus sur leur histoire d’amour. Et c’est à ce moment-là que le roman a prit tout son sens.

Dans celui-ci, on est dans la tête d’Elio et comme je l’espérais, cela a permis de mettre des mots là où le film nous laissait comprendre les choses par nous-mêmes. Il apporte également une fin plus longue. Disons que le film c’est arrêté, je trouve, de la façon la plus judicieuse possible, mais le livre quant à lui nous apporte du contenu supplémentaire auquel je ne m’attendais pas du tout. Et je trouve que ça complète parfaitement la fin choisie par le réalisateur. De ce fait, le film ne se suffit pas en lui-même pour apprécier au mieux l’histoire et permet au livre d’avoir toujours une utilité à être lu. Pour ma part, je ne dirais pas que j’ai adoré la fin, j’en étais ma fois émue aux larmes, mais au fond, je n’imaginais pas l’histoire finir autrement.

Un petit mot tout de même pour l’auteur et son traducteur. Pour ma part, j’ai lu le roman en français qui a donc été traduit par Jean Pierre Aoustin. Je ne saurais à qui revient le mérite. A l’auteur bien évidemment, mais au traducteur également qui a su, j’imagine, retranscrire la plume de l’auteur à merveille. J’ai été très conquise par cette écriture poétique mais loin d’être étouffante. J’ai façon d’écrire de l’auteur (et/ou traducteur) et j’ai eu des frissons par moment.

« Nous avons eu les étoiles, toi et moi. Et on ne peut les avoir qu’une fois. »

Mon seul regret fut de ne pas avoir lu ce livre plus tôt et pourquoi pas en période estival. Alors, si je devais vous recommander un livre à apporter en vacances avec vous, ce serait celui-là. Si vous êtes fan de romance, ce roman est fait pour vous, mais si ce n’est pas le cas je vous le recommande tout de même parce que j’ai toujours été persuadé que je n’aimerai pas un livre qui se focalise seulement sur une histoire d’amour entre deux personnages, mais ça a été un coup de cœur alors tout le monde peut se tromper.

Appelle-moi par ton nom est le premier roman que je lis mettant en scène une romance entre deux personnes du même sexe et je ne pouvais pas espérer mieux. Et puisque j’ai beaucoup aimé cette lecture je pense qu’il faudrait peut-être que je lise ENFIN Brokeback Mountain de Annie Proulx.

Oh et une dernière chose. Je ne suis généralement pas fan des couvertures de livres provenant de l’affiche de films, mais pour ce roman j’adore notamment parce que j’avais adoré les acteurs et que je n’imagine personnes d’autres dans la peau d’Elio et Oliver.

Merci d’avoir lu cette chronique jusqu’au bout et à très bientôt sur le blog. N’hésitez pas à me rejoindre sur les réseaux sociaux et à vous abonner au blog pour ne rien manquer.

Toute les photos du film ont été prise sur Allociné et appartiennent à Sony (Copyright Sony Pictures)

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